samedi 31 mai 2008

Une conclusion où je parle de Onfray

Salut,

Il reste 24 petites heures avant mon départ de l'Europe. Tu as reçu mes lettres mon ami et tu sais que j'attends avec une relative joie ce moment. Le goût de revenir apparaissait et disparaissait selon le temps et les événements, mais maintenant il ne reste que 24h et je dois lentement conclure cette longue série de lettres que je t'ai fait parvenir durant cette aventure outre-Atlantique. Comment devrais-je me diriger vers la fin de cette forme de communication, de cette forme d'amitié? Je ne veux pas faire un rapport de ce voyage. Je n'ai pas encore assez de recul et je changerais trop souvent et rapidement d'idée. Je pense que je vais seulement parler d'une chose qui a parcouru sans interruption mon séjour ici. Je parle ici, tu le sais bien, de ma lecture de Michel Onfray.

J'ai beaucoup lu sur lui, beaucoup apprit et ma perspective a aussi changé. J'étais jadis pris pas l'apparence. Son style flamboyant, ses textes courts son athéisme intelligent et militant... tout me plaisait. Je comprenais aussi ses idées et me retrouvais dans cette lecture. Maintenant? J'aime toujours autant et peut-être plus, mais avec une compréhension que je pense plus profonde.

Ce que je vais faire, c'est faire court et c'est écrire sur Onfray. Oui, Onfray qui m'a accompagné tout le temps de mon périple. Onfray qui m'a donné de quoi réfléchir. Onfray que j'apprends lentement à connaître. Oui, à connaître, car maintenant je pense avoir une image plus claire de son oeuvre. Je ne suis plus le lecteur vendu à la limite du culte, mais maintenant seulement un amateur intéressé. J'ai beaucoup lu ce qu'il a écrit et j'ai développé une perspective plus réfléchie (pour ne pas dire critique). J'aime toujours son style puissant et éclaté. On l'accuse parfois de se répéter dans toutes ces publications. Ils ont raison sur ce fait, mais il n'y a rien de mal dans cela. Dans ce cas, je trouve même pertinent qu'il se concentre à explorer tous les versants de son thème central qui est, selon moi, assez peu traité.

Je ne ferai pas plus long, je suis fatigué, mais je voulais signer cette suite de lettre comme elle a commencé : en parlant de Onfray. Est-ce que cette passion se continuera? Je ne sais pas, mais ce que je sais, c'est que j'en ai tiré quelque chose.

Gabriel

vendredi 30 mai 2008

La Franco Amérique

Salut mon ami,

Oui, je t'écris une lettre peu avant de revenir. Je veux te faire réfléchir et ouvrir un sujet que nous discuterons à mon retour. Je faire simple et clair.

Je dois t'avouer que présentement, je ne me sens plus lié à la France et à l'Europe. J'admire l'Europe et ce voyage, j'aime les gens que j'ai rencontrés et ce territoire va me manquer, mais je ne me sens pas d'ici. Mon chez-moi est en Amérique du Nord. Je me sens Nord Américain, j'appartiens à l'Amérique. D'une Amérique en changement oui, mais d'Amérique quand même.

As-tu longuement voyagé? En Europe? Je pensais avant de venir ici que j'étais plus français qu'américain, pour plusieurs raisons, dont mes études en lettre, mais je me trompais. J'étais comme disent Dean Louder et Eric Waddell dans leur livre "Franco-Amérique" : Je suis Franco Américain.

Qu'en penses-tu?

Gabriel

lundi 26 mai 2008

Un peu de spleen

Salut,

C'est au dernier moment que je suis pris par un étrange sentiment de nostalgie et de mélancolie. C'est maintenant, cinq jours avant le retour tant attendu, que je me sens un peu seul et volontairement plein de spleen. Volontairement dis-je, parce que je me relance dans cette littérature puissante et dangereuse qui avait éveillé mon esprit de dépressif dans mon indescriptible adolescence. Oui, je me suis lancé ce soir dans quelques relectures d'un auteur qui m'a longuement troublé, dérangé : Emil Michel Cioran.

C'est Michel Onfray qui, dans un de ses livres, dit qu'il est de bon goût de lire cet auteur comme d'autres dans son style... mais seulement jusqu'à 25 ans. Amusante remarque qui possède malgré tout un fou de pertinence. Cioran écrit des livres corrosifs. Il séduit et invite à regarder l'abîme, mais "Si tu plonges longtemps ton regard dans l'abîme, l'abîme te regarde aussi." - F. Nietzsche.

C'est ainsi que se présagent les quelques prochains jours. Ce mal-être ne durera, je l'espère, pas longtemps et je vais pouvoir profiter des derniers jours. Les derniers jours! Ah. Juste y penser me fait sourire. Ah! On se voit bientôt.

Gabriel

jeudi 22 mai 2008

Un petit salut

Salut,

C'est maintenant que je décide de te réécrire. Un petit thé me réchauffe la gorge et un soleil se couchant qui émerveille les yeux. Ce que je veux t'écrire. Peu de chose. Je repars dans quelques heures pour un voyage dans un voyage. Encore diras-tu? Oui, mais le dernier de ce séjour en Europe. Je repars maintenant dans moins de 10 jours. Le temps file et on dirait que c'est maintenant que j'en prends conscience. J'en prends conscience comme quelqu'un qui sort la tête d'un train en mouvement. J'ai le vent dans les cheveux et les yeux bien ouverts. Je vais foncer dans les derniers jours avec toute l'énergie que je donne aux choses que j'aime et avec la même bonne humeur que j'avais, il y a quelques jours, quand j'avais la tête dans le vent de l'Orient Express.

Je suis revenu en vie de cette aventure dans les terres du sud-est. J'ai rencontré des gens étranges et étonnant. J'ai vu des châteaux, des cathédrales et des mosquées autant que la mer et que l'Asie. J'ai marché sur les mêmes rues que nombre de gens et de peuple ont franchies avant moi. Presque 8 siècles avant les Vénitiens mettaient la ville à sac... puis ce furent les Ottomans... et puis et puis et puis moi.

Mais ce n'était pas la seule halte du voyage. Il y avait Budapest, Sopron, Visegrád et Belgrade. Je ne peux raconter ici tout ce que j'ai vu. Le soleil se couche lentement et le thé refroidit. Je t'écrirai plus tard. Ce soir, j'ai encore une nuit dans un train. Cette fois, c'est le Danemark et sa pointe nord : Skagen. On dit que les couleurs du ciel et des deux mers qui s'y rencontrent fondent ensemble pour créer une vision d'étrangeté et de mystère.

Je te réécrirai mes aventures, mes rencontres et les charmes étranges de mes aventures dans une autre lettre.

jeudi 8 mai 2008

L'Orient Express et moi...

Salut mon ami,

C'est ce soir que je retourne à l'est. Je t'ai dit que j'avais eu un coup de foudre pour Budapest. Je vais donc aller voir si ce n'était qu'une illusion ou un sentiment durable. J'ai hâte... je ne sais pas pourquoi, de revoir cette ville qui m'a, d'un coup charmée. Enfin... Je vais profiter du temps dans ce pays pour visiter quelques petites villes de la région si j'ai le temps. La ville est magnifique, mais le pays l'est sûrement également. Puis je partirai ensuite pour la Serbie et sa capitale, Belgrade. Après un peu de visite, je prendrai la route d'Istanbul par le dernier tronçon du légendaire Orient Express qui, tristement, n'est plus sur les rails. Il ne reste que des trains internationaux normaux qui font des parties du trajet. Je suis quand même heureux de faire ce chemin.
J'ai aussi hâte de voir la grande et divine Constantinople. Monde à part a-t-on dit. Puis ce sera dans un autre monde, mon premier pas en orient. Oui, j'ai hâte!
Je ne pars pas seul. Je ferai le voyage avec deux amis français : Erwann et Thomas. J'ai déjà, dans les derniers jours, voyagé avec Erwann et développé pour lui un sentiment amical puissant et je suis content de faire un autre voyage, plus long, en sa compagnie. Pour Thomas, je pense que ce voyage sera une manière de le connaître mieux et d'en apprendre plus sur lui que ce que son blog et ses mots échangés dans une fête peuvent m'apprendre.
Je profiterai aussi de ce voyage pour écrire. Erwann, Thomas et moi avons tous en commun un grand intérêt pour la littérature... ce qui fera passer les longues heures de trains... surtout pour le retour qui durera quarante-six heures à lui seul.
Pardonne-moi, mais je ne prendrai pas plus de temps pour t'écrire. Je dois préparer le voyage et dormir un peu. Je pars déjà ce soir... dans dix heures. Je te raconterai tout! Promis!

Gabriel

lundi 5 mai 2008

Un mois...

Salut mon ami,

Voilà une très courte lettre. Un mot ou presque : il reste moins d'un mois.

Troublant n'est-ce pas? Je prends lentement conscience que c'est fini. Même si j'ai attendu ce moment, même si le mal du pays m'a à plusieurs reprises fait regarder ce moment avec un large sourire... je me retrouve pensif et nostalgique. J'étais avec un bon ami, il y a peu, sur la place devant la gare. Je lui parlais de la fin de notre travail ici... comme je parlais du début avec Mélanie il y a de cela 7 mois... Il ne reste que quelques semaines... une poignée de jours... Je ne sais pas encore précisément ce qui me manquera, mais des choses vont me manquer et je vais ce dernier mois tenté d'en profiter au maximum avant de laisser ce monde derrière moi.

À bientôt... très bientôt

Gabriel