jeudi 31 janvier 2008

Malte, le soleil de mon hiver

Voilà, mon ami, le soleil de mon hiver!


Voilà mon premier voyage dans une terre chaude où l'hiver n'est qu'un peu de pluie et un vent doux. J'avais vu la Floride avec ma famille il y a de cela quelques années, mais c'était encore l'occident typique du nord. La seule différence était un soleil plus chaud.

Cette fois, ce fut différent. J'étais au coeur de la méditerranée, sur une île plus petite que Montréal, mais si pleine d'histoire et de caractère. Je te laisse, mon ami, le plaisir de faire quelques recherches sur l'histoire de ce pays aussi insolite qu'intéressant, mais je ne t'en donne ici qu'un aperçu de quelques lignes. Imagine un pays sur une ile minuscule, mais centrale de l'Europe méditerranéenne. Ajoute une histoire de domination par presque toutes les grandes cultures de l'histoire de cette mer. Je parle ici des phéniciens d'où proviens les principaux éléments de la langue locale. Ensuite sont venus les Carthaginois, puis les Romains, puis les Arabes, puis les Normands, puis les Siciliens, puis les Catalans, puis les chevaliers de l'ordre de Saint-Jean, puis les Français, puis les Anglais. Je ne suis pas encore certain de l'ordre des événements parce que l'histoire de cette île est riche en changement, mais je me lance dans quelques lectures pour m'éclairer à ce sujet. Vraiment! J'ai été marqué par ce pays. Partout on peut sentir l'histoire, le temps qui a passé et la vie qui a évolué. L'île étant petite, presque tous les points de l'île sont organisés, encadré de petit muret de pierre ou ensemencé. Cela donne à l'île toute une saveur d'humanité et d'histoire. Oui, d'histoire, car j'en ai vu des vieilles pierres et des ruines. Que ce soit les ruines d'un temple vieux de plus de plusieurs milliers d'années ou de fortifications médiévales, j'ai marché là ou l'histoire a été jouée.

Ce fut trois jours fantastiques que je vais difficilement oublier. Après des mois dans un nord intéressant, mais gris et pluvieux. J'ai pu profiter d'une escale dans un pays baigné de soleil. De mon arrivé à mon départ il n'y eu que du soleil et soleil m'a fait terriblement de bien.

Je n'ai finalement pas fait ce voyage seul. J'étais en compagnie d'une charmante personne que je n'avais jamais (ou presque) rencontré avant. Nous nous étions peut-être vues il y a longtemps lors d'une réunion collégiale d'environnement, mais sinon, jamais. J'avais été mis en contact avec elle par le biais de sa soeur, une très chère amie à moi qui m'avait informé que celle qui allait être ma partenaire de voyage était en Europe pour un semestre à l'étranger. Le hasard a fait qu'elle passait par Brême et je l'ai donc apporté avec moi sous le soleil méditerranéen.

Nous n'étions, à la base, pas vraiment faits pour nous entendre sur le plan intellectuel. Nos discussions ont montré que presque toutes nos idées étaient opposées, mais nous avons tout de même réussi à nous entendre à merveille. Je pense, comme elle, que c'est parce que malgré nos idées opposées, nous avions une manière d'abordée les choses semblables. J'ai voyagé avec biens des gens différents et qui avait chacun leurs manières de voyager. J'aimerais refaire de la route avec certain, d'autres non avec elle, je voudrais volontiers en refaire. Elle avait une qualité vraiment importante pour moi. La franchise, l'honnêteté et le parlé direct. Quand quelque chose ne lui plaisait pas, elle le disait tout en étant ouverte au compromis et au changement. Ce sont des choses importantes pour moi.

Enfin! J'écris et j'écris plein de mots sans vraiment te raconter ce que j'ai vécu là de si exceptionnel. J'aurais de la difficulté à vraiment tout exprimer et raconter. Je sens que t'écrire le trajet de mes visites serait trop vide et que partir dans des envolées poétiques sur mes expériences serait trop loin de la pragmatique des sensations que j'ai eues là-bas.

Je vais donc faire court et te réserver le vrai pour des mots oraux que nous partagerons sur une terrasse au soleil à notre prochaine rencontre.

Je suis arrivé tôt le matin de jeudi par le vol de Ryanair. J'étais déjà pris d'émotion. J'étais parti d'une ville prise dans le froid de l'hiver pour un pays où poussent même en janvier des palmiers. Ayant décidé de voyageur léger, nous n'avons pas eu à fondre dès les premiers instants vers notre logis et avons donc décidé d'explorer l'île. Marsaxlokk, un village cotier du sud fut notre première cible. Nous voulions prendre notre temps et manger un morceau au soleil. C'était vraiment un beau moment. Nous nous sommes aventureusement engagés dans l'exploration des petites routes longeant la baie. Trop charmés par la mer et le soleil, nous nous sommes encore arrêtés pour relaxer. J'ai alors touché pour la première fois l'eau méditerranéenne.

Ensuite nous avons pris le bus et explorez la grande Valetta, capitale du petit pays. Ville fortifiée plus vieille que mon pays, j'ai été abasourdi par l'histoire que chaque rue et ruelle gardait. Nous avons marché et explorer puis ensuite nous sommes rentrés nous reposer.

Partout de vieilles pierres, de vieilles statues et de l'art en ruine... Que ce soit des fortifications ou des temples, cette ville regorge d'histoire et d'évènements. C'est autour de Valetta que se trouve toutes les autres grandes villes de l'endroit... je parle de ville distinctes ici, mais c'est en réalité plus une grande (à l'échelle de l'île... qui compte environs 400 000 mille habitants) zone urbaine comprenant plusieurs ville. Cela dit, c'est vraiment un endroit magnifique où se mèle activité et repos. Ce n'est pas là où sortir le soir, mais c'est là où explorer le jour. Je n'allais qu'entrevoir la petite, mais vivace vie nocturne de ce pays (même si cette vie doit, je présume, être bien plus active durant la saison touristique qu'elle ne l'a été le temps de ma visite).

Le lendemain fut un jour de marche, car nous sommes allés au coeur de l'île vers la ville fortifiée de Mdina qui fut le lieu de multiples histoires, aventures et atrocité. Parlant d'atrocité, dans les catacombes de la ville a été installée une sorte de musée racontant et montrant de manière puissante et touchante la torture qui a eu lieu à cet endroit. J'ai été par le regard des statues représentant les torturés se faire couper la langue ou écraser sous des pierres... Enfin... C'était touchant et particulièrement bien fait, mais outre cette sorte de musée de la cruauté humaine, la petite ville fortifiée est un bijou d'histoire et d'architecture. Nous avons pris une longue pose sur une terrasse surplombant tout le nord-est de la côte. La vue était magnifique!

Bon! J'écris encore et ce n'est que louange et bons mots pour ces 3 jours de bien-être. Je pourrais continuer, mais je vais arrêter ici la description de la visite pour laisser quelques mots sur mes pensées. Durant ce petit périple de bain de soleil, j'ai beaucoup réfléchi. Beaucoup, mais de choses belles et calmes. Je pense que le soleil a vidé un peu les idées brumeuses que j'avais. J'ai beaucoup pensé à mes parents. J'imaginais que mon père aimerait vivre un peu sur cette île paradisiaque où la vie est plus lente que dans nos sociétés nordiques et où la vie rurale est vivante et chaude comme le pays. Je l'imaginais fumer une cigarette à l'ombre d'un grand palmier regardant inlassablement la mer. Puis j'ai pensé à ma mère qui courrait partout et serais enchanté par le moindre chant d'oiseau et la moindre statue. Je l'imaginais visiter chaque ville avec la curiosité d'un enfant et l'énergie qui est la sienne. Puis j'ai eu une pensée pour ma grande mère qui adorerait l'architecture baroque des grandes cathédrales qui peuple l'île. Elle y marcherait lentement, dans une sérénité calme et douce. Puis j'ai finalement pensé à mon frère qui aurait sauté à l'eau à la vue de la moindre plage! J'ai eu aussi de multiples pensées pour mes amis qui sont loin de moi et qui me manquent encore. Je les imaginais chacun à leurs manières appréciant cette île. Peut-être que ces pensées que j'ai eues t'aident à te faire une idée de ce que Malte a été pour moi le temps de ces deux jours. Malte est une île qui mérite d'être découverte, mais qui n'est peut-être pas parfaite pour y vivre.

Nous avons, la dernière soirée de notre périple, rencontré dans le bus un français qui vivait sur l'île depuis presque deux ans. Nous avons passé une très belle soirée sur une terrasse de St-Julian avec lui et il nous a confirmé ce que nous pensions déjà de l'île. C'est un endroit magique pour la détente et la relaxation, mais la vie sur une île si petite peut devenir lassante. Je n'en doute pas beaucoup, mais il reste que je vais sûrement retourner faire un tour sur l'île explorée ce que je n’ai pas pu voir et profiter encore un peu de l'esprit calme et généreux de l'endroit. Si je n'y retourne pas, ce sera pour aller visiter d'autres régions de la méditerranée, car oui, j'ai été pris par le charme de ce berceau de la civilisation. Je vais profiter de la fraîcheur de la fin de l'hiver et du printemps pour visiter ces lieux. L'été serait, je pense, un peu chaud pour moi et je pourrais à ce moment profiter d'un éclairage solaire un peu plus long pour visiter les pays du nord. Enfin! Ce ne sont que quelques projets d'avenir d'un voyageur qui veut en voir, mais il va falloir faire des choix et la maison reste un des endroits que j'ai hâte de revoir. Il faut faire des choix et Malte a été un des excellents choix que j'ai fait!

Trève d'écriture l'ami et j'envoie la lettre te trouver. J'espère que tu y trouveras des mots à ton guûts. Si ce n'est pas le cas, n'hésite pas à m'écrire pour me questionner. Je me ferai un plaisir de calmer ton esprit et de t'informer!

Salut tous ceux qui me manquent pour moi!

Gabriel

P.S. J'ai aimé : le mélange de culture britannique à celle d'un monde profondément méditerranéen...

et les ruines omniprésentes...

et la pure et simple beauté de l'endroit...

lundi 28 janvier 2008

La cathédrale de Metz

Encore moi,

Oui! Encore un petit mot plein de photo, car je remarque que je n'ai pas présenté ma sublime cathédrale de Metz dans sa vraie beauté. Voilà alors quelques photos de ce lieu magique. Remarque l'originalité et la force colorée des vitraux ou le détail et le nombre des statues.



Voilà! J'espère que tu apprécies.

Gabriel

Quelques photos et de bons souvenirs

Salut mon cher ami,

Je pars demain pour Malte, mais pour ne pas trop y penser, je me suis aujourd'hui replongé dans les photos que j'ai prises durant mes dernières escapades et dans celles de mes amis en visite ici. En voici quelques une des plus éloquentes d'entre elles.

Je commence par une série sur la ville lumière : Paris.

Ces deux premières photos ont été prises durant une magnifique journée parisienne. Je visitais alors le Panthéon et quelques autres monuments. Parlant du Panthéon. C'est une structure incroyablement immense! Non seulement le hall avec la pendule de Foucault, mais aussi la Crypte avec la tombe de Dumas, de Hugo et bien d'autres... Incroyable. J'ai vraiment apprécié ma visite et ma journée. En plus, j'étais avec une femme fantastique. Une chose qui ne pouvait pas nuire à ce moment.


Durant ma visite de décembre (la visite où les précédents clichés ont été pris), j'ai rencontré une compatriote québécoise. Il se trouve même que nous aillons des amis en commun. Étonnant, mais vraiment étrange... de plus, je l'ai rencontré dans une situation originale : au cimetière du Père Lachaise. Je laisse maintenant les photos parlées par elle-même. Cette photo, c'est cette fameuse Québécoise durant notre marche de soirée quelque part le long de la Seine.

Proust dans ce fameux cimetière.

Tu feras parvenir cette photo à mes amis gothiques. J'aime particulièrement les "gardiens" de la porte de la crypte.

En restant dans l'ambiance religieuse, voici la grande cathédrale de Metz (qu'on prononce Messssssss....).

Si paradis il y a, j'ai vu un des modèles qu'il a eus encore dans cette ville de Metz.

"Who's your DADDY?"
Enfin... Dans un petit musée très typique et pittoresque de la région de la Meuse, on a décidé de me faire porter un casque et un fusil allemand de la Première Guerre. C'était mon introduction à nombres de visites sur ce thème. Je reste troublé par cette guerre. Comment des gens ont pu endurer une guerre si longue et souffrante... Presque 100 ans après, il reste encore des morceaux des structures défensives de cette guerre.

Quelques un de mes super hôtes pour le temps des fêtes.

Même au marché de Noël de Metz on parle le québécois... dans un kiosque canadien...?

Même (ou peut-être "surtout") dans le plus reculé des villages : des résidus de moyen-âge.


Finalement, un peu de Brême. Ici, Geneviève devant la gare et le Roland.

J'espère que tu as apprécier un peu plus de visuel de ma part. J'attends toujours des mots de ta part! Il y a longtemps que tu n'as donner de nouvelles. J'espère que tu prends bien soin de toi.

Bonne journée

Gabriel

Fin du mode "Marmotte"

Cher ami,

J'ai été très discret avec toi ces derniers jours et je m'en excuse. Je pourrais m'excuser en disant que tu n'étais pas le seul à n'avoir rien eu de moi, mais je ne veux pas donner d'excuse. J'ai vraiment profité de ces deux semaines dans mon terrier. J'ai pu avancer dans mes projets et relaxer comme j'en ai rarement pris le temps. Parlant d'efficacité. J'ai été aussi efficace que je suis la nuit précédant la remise d'un travail, mais ça durant presque deux semaines. Pas mal, non?

Je suis vraiment content! En plus, demain, mardi le 29, je pars pour Malte. N'est-ce pas une belle conclusion de mes semaines d'exclusions? J'ai vraiment hâte de voir cet endroit qui a hanté mes pensées pendant plus d'un mois. Je pars très tôt, mais au moment où je t'écris ce petit mot, il se fait tard et je vais aller dormir.

Je pense à toi et te souhaite une très bonne semaine. Je ne manquerai pas de t'envoyer les plus belles photos que j'aurai prises à Malte.

À bientôt

Gabriel

vendredi 25 janvier 2008

Le riz

cher ami,

Mes yeux vont lentement se brider si je continue comme ça! Oui cher ami! Je mange extrêmement de riz. C'est tellement bon et facile à faire! Cette lettre ne sera pas longue. Je voulais seulement te demander de m'envoyer quelques recettes à cuisiner avec du riz. J'aimerais changer les quelques trucs que je ne cesse de me cuisiner. Par exemple, un cher ami m'a récemment parlé de riz basmati, mais elle a disparu de mon esprit. Pourrais-tu me l'écrire?

Merci beaucoup mon ami

Gabriel

jeudi 24 janvier 2008

Je veux voir une étoile filante

Une Étoile filante

D'un coup... j'ouvre un fichier musical... innocent... Quelque seconde s'écoule et je veux changer. Je clique... puis je reviens. Je savais quelle chanson c'était sans regarder le titre. Je ne voulais pas l'entendre, mais je l'ai quand même fait.

C'est les cowboys... la musique de mes jeunes années d'étudiant collégial. Les premières années de liberté. J'suis ému... depuis hier, je ne sais pas pourquoi, je suis sensible. Plus sensible que je n'ai jamais été dans les dernières années. On dirait que le fier hédoniste que j'étais depuis ma dernière lointaine rupture est parti. Il est peut-être resté avec cette allemande rendu en Australie... ou peut-être est-il revenu à la maison... ou finalement... peut-être qu'il s’est épuisé... fatiguer... J'ai l'impression d'être dans le désert et d'avoir soif.

Peut-être que suis-je trop vidé d'idéalisme, ou peut-être me suis-je éloigné de ce que j'étais dans le temps où j'écoutais cette musique. Je pense à celui que j'étais : cheveux longs et romantique, rêveur plus qu'il s'en faut et engagé. C'était un temps magnifique. Je regarde qui je suis en ce moment... les mots sont moins clairs, moins évident. Il y en a : hédoniste, rêveur, aventurier, fier, arrogant, intelligent et libre... mais en même temps de me plaire, ses mots que j'utilise pour me définir s'entremêlent et me troublent.

Je voulais t'en glisser un mot. Te laisser savoir que j'ai toujours un grand sourire et un regard vers l'avenir, mais que parfois, le temps et la distance de toi et de tous ceux qui me manquez surpassent mes défenses et me donne cet air nostalgique. Je ne pensais pas que partir loin de tout ce que l'on connaît pouvait être si difficile. Encore... je ne suis pas seul. J'ai des amis ici, j'ai un ordinateur et des moyens de restés en contact avec ceux que j'aime et qui me manquent. Je ne veux pas imaginer la douleur qu'un exilé ou même un immigrant doit endurer.

Tu ne veux pas que j'arrête ma lettre là n'est-ce pas? Tu me connais trop bien. Oui, il y encore l'amour qui me dérange et m'occupe l'esprit (ou le coeur). C'est l'élément principal qui me met dans cet état et tu le sais bien.

Oui. C'est dur être ici sans le cercle d'amour qui m'entourait à Montréal. Je ne le dis pas souvent, mais mes parents me manquent beaucoup. Mon père, ma mère, mon frère, ma grand-mère et tous les autres... c'était cette année le second Noël que je passais loin de ma famille. Les deux fois, j'étais ici, quelque part en Europe. Puis il y a mes amis : Alexandre, Turpin, Simon, Pierre, mes camarades de cours et de travail. J'ai déjà hâte de revenir à l'île noire discuter philosophie avec Étienne autour d'une bonne bière. Écouter Gabriel parler de sa nouvelle nouvelle absurde, mais tellement originale et bien faite. Où encore parler de tout et de rien avec Alexandre. Oui, c'est lui qui me manque le plus.

Puis les femmes. Je sais. Tu me dis toujours que j'aide pas mon cas en faisant référence à elles de cette manière si englobante et généralisante, mais c'est un mot qui, pour moi, rassemble tant de beauté, de sensations et de magie. C'est un mot qui fait apparaître partout dans mon champ de vision des images. Elles me manquent. L'élégance, la grâce, l'intelligence et la beauté de Christine arrivent en premier à ma pensée. Tout d'elle m'avait charmé et tout d'elle me manque. D'un coup, dans le métro, sa voix comme son regard m'avait conquis... qu'est-ce qui en restera à mon retour? Puis l'idéaliste et créative Émilie à l'énergie débordante. Il me semble que je ne me suis pas attaqué à ses idéaux depuis des lunes... Une certaine Jaja qui aime son anonymat me manque aussi. L'opéra me manque et donc la charmante Isabelle. J'aurais tellement à lui dire après les noces de Figaro... et d'autres opéras sont en liste pour les prochains mois... Puis elle... et elle... Tu les connais mon ami et tu sais les milliers de pages que je pourrais prendre pour vanter tout ce qui me fait tomber... et enfin il y a cette Christina qui est partie. Je n'ai pas eu de nouvelle depuis un mois et je ne suis pas triste pour ça. Je pense à elle quand je veux avoir une belle pensée. Je la vois comme on voit la dernière année qui vient de disparaître le jour de notre anniversaire. C'était beau, fantastique mémé, mais c'est fini. Pour aujourd'hui.

Oui, en plus, comme je l'ai dit, l'université me manque. Pas seulement les cours, mais l'ambiance de connaissance qui l'entoure. Puis la danse, puis les rues de Montréal... la neige, le vent, la 146 et la ligne orange.

Tout cela sera là à mon retour, mais ce sera différend. Je ne serai plus le danseur que j'étais. Les gens auront changé, les choses se seront déplacées. On dit qu'on espère tous à certains degrés que le monde reste comme il était le jour de notre départ. Je ne croyais pas que cela allait me troubler autant. J'avais, dans l'avion en route pour Brême le détachement pour me “foutre” de l'Amérique et de ce qui y arrive... mais maintenant j'aimerais revoir que que je voyais à mon départ et je sais que ce ne sera pas le cas.

Woah... Je regarde toute l'encre que j'ai versée sur ce bout de papier. Je pense que ça fait du bien. Parfois il est doux de savoir que ce qu'on pense sera senti à quelqu'un. J'ai hâte de te revoir, mais je vais me retourné vers le “ici-maintenant” et vivre à fond les prochains jours! J'ai un tas d'étudiants à endoctriner demain à la cause québécoise. J'ai carte blanche et j'ai hâte de les voir sourire en entendant mon accent étrange et charmant. Puis mardi prochain je prends un vol pour Malte avec une Québécoise. Une parcelle de la vie de la belle Province. Et un peu de soleil ne me fera pas de tors... car après je veux aller voir David en Écosse fier compagnon de voyage qui a à endurer aussi le rude éloignement de sa terre natale.

Vraiment, je suis content de t'écrire et ma joie serait dupliquée si je recevais de toi une autre lettre

Tu me manques

Gabriel

mardi 22 janvier 2008

Ah! L'intertextuallité!

Voilà un petit billet pour toi, mon ami,

Dans ta dernière lettre, cher ami, tu m'informes de manière à la fois précise et vaporeuse que celle qui a dit "Do one thing every day that scares you." n'était autre que Eleanor Roosevelt, premières dame et femme de Franklin D. Roosevelt dans un texte de 1997 dont tu n'as la source. Puis tu ajoutes qu'une autre personne, peut-être avant, aurait écrit la même chose. Ce serait une Mary Schmich dans un texte intitulé "Wear Sunscreen". Texte qui, après recherche, date du 1er juin 1997. Je dois te dire qu'en écrivant cette lettre je suis en recherche et je viens de prouver un de mes doutes. Il était assez improbable qu'Eleanor Roosevelt ait écrit quelque chose en 1997 quand elle était née en 1884. Je n'ai pas trouvé la source, mais je sens dans ses écrits un style qui aurait pu proposer quelque chose de tel, même si une telle supposition est assez étrange.
Elle a écrit des choses comme "No one can make you feel inferior without your consent." dans This is My Story en 1937. Définitivement, j'aime le personnage, mais ce problème de citation soulève en moi d'heureux questionnements. J'adore l'intertextualité et lorsque je commence à penser à tous les problèmes que cela pose, une certaine joie s'impose. Qu'est-ce que tu penses de cette manière de lire, d'écrire et de voir la littérature et tout ce qui est écrit. Pour reprendre une question de Borges : est-ce que Don Quichotte est plus profond après une lecture du XXIe siècle ou l'était-il à la base? Est-ce que la même oeuvre, écrite de nos jours, serait plus dense et ramifiée? (La réflexion est emmenée dans une fiction ironique intitulée "Pierre Ménard, auteur du Quichotte", dans son recueil "Fictions")

Je te laisse sur ces mots

Bonne lecture

Gabriel

lundi 21 janvier 2008

La pluie allemande

C'est encore moi,

Je suis en attente de mon train pour retourner chez moi. Il peut dehors et je vais te laisser un mot sur la pluie.

La pluie allemande est permanente et intermitente. Autant on peut difficilement espérer une journée sans durant l'hiver, autant une journée de pluie n'est pas éternelle. La pluie ici est un fait journalier. Je ne m'énerve pas par ailleurs parce qu'elle ne dure généralement que peu de temps. Il peut plevoir une heure puis ensuite y avoir un peu de beau temps pendant quelques minutes... puis la pluie revient... Tu vois la routine. C'est peu reluisant, mais c'est mieux qu'une pluie longue et interminable.

Je relis parfois ce que tu m'écris sur ma belle ville de Montréal et la neige ne me manque pas. C'est bien beau, mais c'est aussi très froid et ce froid ne me manque pas. Rapelle-toi que je pars pour Malte dans une semaine. J'ai très hate!

Gabriel

L'appareil photo est mort. Vive l'appareil photo!

Mon cher ami,

Il aura vécu deux ans. Il aura été témoin de bien de mes aventures et de mes rencontres. Tu dois bien te souvenir de toutes les fois où je te harcelais pour te prendre en photo. Oui, il a vécu bien des choses pour un appareil photo et il aurait pu en vivre bien plus, mais le destin en voulait autrement. J'ai perdu un appareil photo, mais un autre est venu. Il aura vécu le temps de mes premières aventures européennes. Il aura photographié de magnifiques paysages et d'encore plus sublimes femmes. Je le remercie et je souhaite bonne chance à son successeur!

Gabriel

dimanche 20 janvier 2008

Étonnante culture populaire

Mon bel ami,

Je vais écrire un peu à propos de mes livres. Je n'ai pas suivi cette tradition de voyageur de porter un ou quelques livres avec soi. Tu me connais. Mon amour pour l'encre et le papier m'a accroché à plus d'un texte.

Je crois t'en avoir déjà parlé, mais l'auteur qui occupait mes premières semaines était Michel Onfray et son oeuvre sur l'hédonisme et la construction de soi comme d'une oeuvre d'art. Comme durant les mois qui ont précédé mon départ, j'étais envoûté par ses mots, par ses phrases et par cette puissante pensée de liberté et de vie. Encore maintenant, quand j'y pense, je trouve une douceur à cette pensée libératrice et motivatrice. J'ai passé beaucoup de temps à lire et à méditer Onfray. Je t'encourage à t'intéresser à cet auteur percutant et érudit, mais je dois te dire que ce n'est plus son oeuvre qui me passe sous les yeux ces jours-ci.

Peu avant Noël, je ne sais pourquoi, j'ai lentement abandonné mes précédentes lectures. J'ai arrêté de lire un instant... puis plusieurs autres. Peut-être que trop de choses occupaient mon esprit. Peut-être est-ce que j'avais en tête trop d'activités, peut-être me concentrais-je sur trop de sociaux. Je ne sais pas, mais le résultat était là. Je ne lisais pas, mais cela ne pouvais durer. Ce vide littéraire a été vite comblé. Vite oui, mais ce qui surprend le plus ce n'est pas la vitesse, mais bien l'objet qui m'a comblé. Ce vide a été comblé par quelque chose de surprenant et surtout d'inattendu : un livre "best seller". Oui, tu as bien lu. Je marchais dans un de ces gigantesques supermarchés de culture appelés F.N.A.C à Metz quand je suis tombé sur un nom familier. C'est le nom d'un univers fantastique qui avait agité mon adolescence : Warhammer. Intrigué, j'ai feuilleté le livre et lus le synopsis. Rien de surprenant. Je ne tombe que sur des phrases prévisibles et un texte plus "marketing" que littéraire, mais cela n'y fait rien. Je ne peux résister à l'envie de l'acheter. Un peu comme forcé par ce souvenir nostalgique d'aventure et d'imaginaire d'antan. J'ai dévoré le livre en trois nuits.

Puis plus un mot, plus une pensée...

J'étais désordonné, déboussolé. J'avais aimé ce livre. J'avais été pris dans la trame, surprise par les événements, supportée du héros, ennemi du traître et amoureux de la belle.

Le trouble était profond et ma joie naissante! J'avais découvert quelque chose de nouveau et détruis un de mes profonds préjugés. Après m'être ouvert à la musique populaire, la littérature d'un autre genre s'ouvrait à moi comme un nouveau continent à découvrir.

Ce ne fut qu'une courte halte. Je suis rapidement revenu de France avec d'autres livres, d'autres pensées et des yeux et une tête prête à la lecture! Dans ma redescende du connu à l'obscur, j'ai commencé à lire connu. Je présume de son succès, car je l'ai vue sur un présentoir de première ligne à cette même F.N.A.C.. Il s'intitule "L'élégance du hérisson ". C'est une amie d'ici, assistante aussi, qui me l'avait prêté. Son conseil et son titre m'avaient d'un même coup inspiré. Le hérisson me sonnait à mon oreille comme une une métaphore éthique de Onfray (voir à ce sujet "Sculpture de Soi"). Je ne pouvais m'y intéresser. Le livre est bon, simple et pertinent. Je n'en ferai pas trop de commentaires, car je n'ai pas conclu ma lecture, mais il m'inspire.

Entre temps, j'ai lu quelques textes de Borges et j'ai aussi commencé Madame Dalloway et Virginia Woolf suivant les conseils de la charmante Anne. D'autres m'attendent sur le coin de mon bureau... et je cherche encore le livre ou l'auteur qui me suivra pour le reste de mes jours ici. Écris-moi à ce sujet si tu as des idées, des conseils ou quelques mots. N'hésite pas à m'écrire. Toute la littérature du monde ne vaut pas une de tes lettres.

Tu me manques. J'ai hâte de te revoir.

Profite bien de ton temps

Au plaisir

Gabriel

J'ai ici trois photos du bordel qui me fais office de bureau. C'est loin du bureau en chêne entouré d'une bibliothèque encastré, mais c'est mon lieu de pensée.


Un petit survol de mes lectures...


Un livre conseillé par une amie, la charmante Anne d'Osnabrück.

samedi 19 janvier 2008

Prochains voyages

Enfin,

Pour une fois, j'organise quelque chose d'avance! Tu devrais m'applaudir pour ça! Oui! J'ai réservé un vol pour Malte dans moins de deux semaines et un autre vol pour Paris. Je commence à bien connaître cette ville et j'aime bien y retourner. Cette fois, en plus, c'est pour y rejoindre une Québécoise en tournée européenne. N'est-ce pas une excellente occasion de partager un peu sur son voyage? Rien ne vaut, selon moi, une bonne soirée à raconter un voyage à quelqu'un qui a de son côté aussi à dire. C'est plaisant, je l'accorde, de dire ce que l'on a vécu, mais quand l'autre peut partager aussi et comprendre pleinement ce qui est arrivé parce qu'il a vécu semblable peu avant, c'est fantastique!... Puis pour Malte. Je ne serai pas seul non plus. Je suis content et j'ai hâte. Voir cette île méditerranéenne me changera des pays gris et nordique que j'aime tant. Y vais-je seulement pour le soleil? Non, mais mes autres raisons sont plus obscures. Malte est une île pleine d'histoire, de culture et de petitesses. Quelques jours et le tour en est fait... mais ce n'est pas seulement ça. Depuis quelques semaines, j'ai toujours eu une pensée pour cet endroit. Sans trop savoir pourquoi... Je verrai bien. En attendant, j'en rêve encore.

Voilà, c'est tout... J'avais envie d'en parler à un ami cher comme toi

Gabriel

Petite photo de Berlin

C'est encore moi, mon ami,

J'ai trouvé cette petite photo que je laisse avec cette lettre quand je parcourais les souvenirs physiques qu'il me reste de ce voyage. Je l'ai trouvé frappante. C'est la Siegessäule au centre d'un carrefour appeler "grande étoile". C'est un lieu que j'aime bien. Tout autour se trouve un immense parc, le Tiergarten. De cette tour que l'on peut monter à l'aide d'un escalier commence une rue qui se rend jusqu'à la Porte de Brandebourg puis parcours la grande rue commerciale pour se rendre jusqu'à l'île des musées. C'est une bonne marche, mais le paysage en vaut la peine.

Chacun des trois blocs ou étages de la tour représente une guerre victorieuse de l'empire Prusse. C'est pourquoi, autour du carrefour, dans les bois, se trouvent plusieurs grandes statues de Bismark et de d'autres généraux prussiens.

Je ne sais que dire de plus.

Bonne soirée et prend bien soin de toi

Gabriel

Quelques photos

Mon ami,

Je prends le temps de t'envoyer quelques photos que j'ai pris récemment. La première a été prise au centre d'une grande place à Hildesheim. Geneviève et moi sommes devant un grand puits directement en face de la mairie.

Nous avons fait une petite halte à Hannovre en route pour Hildesheim. Ici, c'est David et Geneviève devant la gare de la ville.

Une photo assez floue, mais intéressante de ce qui est, je pense, un monastère dans la ville de Hildesheim.

Un soir entre amis. Une petite bière avec Mélanie au Paddy's à Brême.

Voilà les photos que je trouvais intéressantes pour le début de l'aventure avec Geneviève et David.

Au revoir

Gabriel

jeudi 17 janvier 2008

Swing... can be frightening!

Mon ami, cher ami,

C'était effrayant, terrifiant! Marcher vers le gymnase, suivant les enseignants, passant devant et près d'étudiant blaguant sur la danse et le nouveau venu d'on ne sait où, était une aventure en soi. Une chance que j'avais en tête une citation dont je ne connais la source, qui dit : "Tente chaque jour de ta vie de faire quelque chose qui te terrifie." Voilà qui a été mis en pratique au moins une fois!

Tu dois te demander comment j'ai bien pu me trouver dans une situation pareille. C'est un professeur de sport qui m'a invité à donner un petit atelier de danse. C'était généreux de sa part, mais je sentais déjà l'odeur de l'agressivité estudiantine. Malgré ce goût amer plein de souffre dans les narines, j'ai accepté et quelques jours après je me retrouvais dans un grand gymnase à enseigner le swing de base dans un denglish (deutsch-english) qui se voulant rassembleur, drôle et complice. Les quelques blagues maintenant classiques des cours de base du Petit Medley furent utiles à calmer la foule.

Après une heure, les quelques courageux ayant décidé de me suivre dans mes "step, step, rock step" rient et en veulent plus. Ils me demandent même d'inviter Mélanie, ma partenaire d'Altenberg pour une démonstration et la suite.

Je suis donc assez fier de moi. Enseigner dans une langue étrangère à des étudiants non volontaires pouvait sembler impossible à mes yeux ce matin, mais j'ai réussi à les faire voir le bon côté des choses.

Voilà

Gabriel

Écrire

Je t'écris un petit mot avant d'aller au lit!

J'ai bien réfléchi sur les choses qui pourraient me motiver à écrire et j'ai pris la plus simple décision. Je vais faire pour mes projets personnels la même chose qui me fait être efficace à l'université. Je vais me donner des objectifs concrets et des "deads lines".

J'ai demandé ici et là des conseils et des suggestions sur le sujet, mais à chaque fois, j'entendais ce que je redoutais : des propositions empreintes de cette aura mystérieuse et idéalisée qu'à la littérature.

Tu me connais. Au moment où j'ai décidé de faire la chasse à tous les sentiments idéalistes et pseudoromantiques de mon être, j'ai fait la guerre à ce sentiment. C'est bien beau voir la littérature comme le fruit d'une inspiration inconnu, mystérieuse et surtout incontrôlable. Cela donne à l'écrivain une certaine aura de sainteté. Il serait homme plus sensible, plus sage ou quelque chose comme ça. Baliverne! Je n'aime pas imaginer les choses ainsi outre que pour imaginer le monde autre qu'il est.

J'ai souvenir d'une soirée à l'université où j'avais été invité. C'était pour le lancement des revues et ouvrages de l'année 2005 par les PUM. J'avais été invité par Michel Seymour qui lançait son livre "l'institution du langage ", un texte traitant principalement de Wittgenstein. En cette soirée, j'avais découvert un livre avec un titre invitant : "La malédiction littéraire". Je l'ai acheté à l'instant en pensant à une chère amie qui aimerait bien ce thème. J'aurais bien voulu trouver l'auteur et lui parler un peu de son livre, mais il était absent. Je suis alors, un peu plus tard, rentré chez moi et je me suis mis à lire mon nouvel achat. Je ne voulais pas donner n'importe quoi à une amie... Le texte était intéressant, bien écrit, mais avait un biais clair "pour" ce mythe de l'écrivain maudit et le livre n'était qu'une apologie mêlée à un rapport des faits sur le sujet. Un peu déçu, mais content d'avoir trouvé un cadeau qui allait plaire, je suis allé dormir.

Cette anecdote n'est que la plus directe des genres de choses que je vois et rencontre toujours. Je suis entouré de ces idéalistes de la littérature et j'ai la troublante impression que l'ensemble de mon domaine est pollué par cette "ligne de partie". Est-ce que la littérature ne serait que ce mythe? Non, je sais que je ne suis pas seul dans le pragmatisme littéraire. Richard Rorty pour n'en nommer qu'un récent a bien défendu une vision claire et non idéalisée de la littérature.

Enfin, je m'écarte et je m'égare... C'est ce qui arrive quand je me lance dans un discours sur mon domaine. C'est un peu aussi la caractéristique d'une lettre de laisser son auteur partir dans son monde comme s'il parlait à un ami par le papier. J'ai cette impression à t'écrire mon ami et ça me fait du bien. J'en reviens à mon sujet.

Je veux écrire, faire quelque chose, vaincre la procrastination et laisser les idées que j'ai se faire testé par le papier. Mes yeux aimeraient bien voir ce que fait le cerveau!

Qu'en penses-tu? Est-ce que des objectifs d'écriture et des "dead-lines" sont de bonnes idées? J'attends ton avis sur cela. En attendant, je me donne un objectif très faible de 400 mots par jours sur mon projet principal. Cette lettre que tu recevras sera la preuve et le contrat que je signe m'obligeant à agir!

J'attends de tes nouvelles! Sans quelques mots de toi, je me sens un peu plus seul. Si tout va comme prévu, je devrais être revenu pour l'été, mais ne forcont pas trop le temps. Il reste encore de long et passionnant mois avant ce moment. Profites-en chez toi autant que j'essaie d'en profiter ici.

Ton ami,
Gabriel

mercredi 16 janvier 2008

L'université

Cher ami,

Depuis le temps du CEGEP, je n'ai jamais voulu abandonner l'école. J'aime autant l'institution que les gens qui s'y trouvent. C'est pendant ce voyage que je constate à quel point les pseudo chaises et les arrogants professeurs me manquent. C'est la première année complète depuis mon entrée dans le monde scolaire que je ne suis pas à l'école. Je pensais que ce serait plus facile, plus simple. L'université me manque. Les dates limites, les travaux, l'alcool, les amis, les partys et le manque de sommeil me semblent loin (sauf le manque de sommeil) et j'ai terriblement envie de revenir étudier à la maison.

Je ne nie pas que ce départ me fait du bien. Je retrouve lentement les raisons de mon étude et la force de continuer. Je remarque à quel point il est difficile de se motiver à apprendre à l'extérieur de l'institution quand on n’est pas autodidacte. Supposant que peu de gens le sont vraiment, je découvre que malgré une bureaucratie oppressante, un prix souvent mal organisé, l'université reste le meilleur endroit ou apprendre.

J'ai hâte de revoir le bâtiment affreusement art déco de mon université. Je me dis qu'il reste moins d'une année avant que je retrouve les classes sombres et affreusement peinturées de mes classes. Monsieur Cochran, Krisinsky et les autres me manquent aussi pour différentes raisons. On ne trouve pas de gens comme eux partout tu dois me l'accorder.

La rentrée universitaire est déjà faite et tu dois déjà chauffer les bancs de tes classes... Je t'envie et te souhaite une bonne session.

J'ai hâte de te revoir

Gabriel

Tien! Voilà une photo de ce qui me manque! C'est encore loin, mais ça me remonte un peu sur ce plan. J'ai trouvé cette petite photo dans mes bagages...

Écrire! Je dois écrire!

Cher ami,

Comme je t'ai dit dans ma dernière lettre, je suis dans une période de repos. Je voudrais bien partir pour Malte à la fin du mois pour les quelques jours de congé que j'ai et d'ici là, je veux prendre du temps pour moi et pour l'écriture.

C'est pour cela que je t'écris. Je remarque que la motivation à écrire que je pensais tirée de ce voyage n'était qu'une chimère. Je voyage et je découvre bien des choses, mais je n'écris pas. J'ai la tête ailleurs et je pense à un million de choses qui n'a pas rapport à mon projet d'écriture. Je te demande de m'aider, de me motiver à écrire si tu le peux. Comment? La distance n'a que peu à jouer là. Tu sais comment me rejoindre. Tu peux m'écrire... je ne sais pas.

Je t'écris peut-être cette lettre pour me motiver à écrire...

Enfin...

Bonsoir

Gabriel

lundi 14 janvier 2008

Un peu de repos

Ami,

Enfin, j'ai un peu de temps pour moi, pour lire, pour écrire, pour être seul après 3 semaines d'intense activité. C'est pourquoi je prends quelques petites minutes pour te laisser un mot. Je vais bien. Je suis vraiment content d'être ici, à vivre cette aventure, à visiter tout ce monde et à découvrir un million de choses. Je vais bien et quelques jours de repos vont faire un bien immense.

Je voulais seulement te faire part de cela...

Au plaisir mon ami

Gabriel

Opéra de Berlin

Un petit mot de Berlin,

L'opéra était la chose à propos à ce moment de mon voyage. Je ne sais pas pourquoi, mais j'ai cette perception de cet art comme un art de la puissance, de la force et de l'infini. C'est à la fois une vision très réductrice. Je le comprends et aimerais bien ouvrir mon horizon, mais pour le moment, cette puissance, cette force et cet infini m'a comblé et rempli d'un sentiment étrange.

C'était le mariage de Figaro de Mozart. Une pièce qui n'est pas à la base des plus dramatiques, dès plus intense au sens tragique du terme, mais j'ai été touché, troublé. Je pense que j'avais besoin de cette force. Je suis content d'être allé assister à la représentation avec David. La soirée fut superbe. Le soleil a lentement disparu à l'horizon laissant un froid prenant, mais endurable.

J'ai donc repris un intérêt pour l'opéra que j'avais oublié ou laissé de coté. Je vais maintenant jeter un œil si je ne pouvais pas aller entendre d'autres pièces d'ici mon départ... Dresde peut-être... ou ailleurs.

Sur ce, je laisse l'écriture

J'attends de tes nouvelles

Gabriel

jeudi 10 janvier 2008

Verdun

Ravage et désolation. C'est la première chose qui me vient à l'esprit quand je pense à cette ville de Verdun. Outre le non moins fameux quartier homonyme de Montréal, cette ville historique de l'est de la France me laisse un souvenir puissant. La simple vue d'une forêt vivant sur un sol détruit que celui laissé par la Grande Guerre ne pouvait en faire autrement sur moi. Tout dans ma visite imposait pour moi cette sensation dramatique. Un brouillard constant, un sol boueux, une visibilité nulle, un vent puissant et un presque perpétuel décor de ruine et d'histoire.

J'imagine sans effort les milliers de soldats se battant et mourant inutilement sur ce sol ruiné. Moi qui, avant cette visite, avait sans le vouloir une vision très incomplète de la vie en guerre, suis maintenant changé par la vue de ce champ de croix blanche et simple. Autant de jeune vie sacrifiée pour un idéal, pour un mot... j'ai encore bien des difficultés à comprendre...

Puis il y a ce gigantesque monument à l'hommage des morts qui trône au centre de ce troublant cimetière. Il contient les os de tous les soldats qui n'ont pu être identifiés et avec lui les vies ruinées des gens qui les ont trop longtemps attendus.

Je ne peux pas vraiment en écrire plus sans déformer, atténuer ou déranger le sentiment que procure ce lieu. Comme je l'ai dit, la météo avait participé par le brouillard et la glace à rendre ma visite incroyablement étonnante et physiquement poignante.

Je laisse à ton oeil les seuls quelques photos que j'ai prise que je trouve digne de ce lieu touchant.

Voilà les alentours d'un village qui n'existe plus... étrangement, il a encore un maire...

Remarque les trous, les impactes d'obus qui ont été figé par l'histoire et la nature.

Souvenir brumeux...

Des os anonymes...

Voilà pourquoi je pense que la guerre est une chose attroce qui doit au plus grand prix être évité!

Je suis aller visiter Verdun avec Anne-Lise durant les vacances des fêtes. N'est-ce pas une joyeuse activité pour ce temps de l'année? Laisson la rhétorique là. Cette petite lettre que je t'envoie ici n'est que quelques lignes inspiré par les pensées que j'ai quand je pense à la guerre de 14-18 et à toutes les autres. Ce ne fut pas la seule halte de mon tourisme militaire de Noel, mais ce fut l'un des plus troublant.

Je laisse le mot final à Winston Churchill dans son discours du 13 mai 1940 à la chambre des communes : "I have nothing to offer but blood, toil, tears, and sweat." Ce sont bonnes pour toutes les guerres. C'est la promesse faite par toutes les guerres. N'y a-t-il pas eu un professeur nous faisant la même promesse au début d'un cours de métaphysique... peu importe...

To jaw-jaw is better than to war-war.
- The New York Times (June 27, 1954)

War will not end until all of the violent people are killed.
- Roger Langbecker, Czarmangis

The only good part of a war is its ending.
- Abraham Lincoln

This war, like the next war, is a war to end war.
- David Lloyd George

War is not nice.
- Barbara Bush

(Pourquoi est-ce que les présidents n'écoutent jamais leurs enfants)
War is over, if you want it.
- John Lennon

When people speak to you about a preventive war, you tell them to go and fight it. After my experience, I have come to hate war. War settles nothing.
- Dwight D. Eisenhower

(Pourquoi est-ce que les présidents n'écoutent jamais leurs prédécesseurs)

Prend soin de toi

la paix soit avec toi

Gabriel

Un mot de janvier

Je t'envoie ici un petit mot à partir de mon école. Je dois travailler dans peu de temps, mais j'ai envie de te laisser une impression des pensées qui m'occupent en ce moment.

Je pense premièrement à mon voyage en France des deux dernières semaines. Ce fut un temps fantastique en compagnie de gens différents et vraiment intéressants. Je suis heureux de cela, mais aussi pensif face aux prochains mois. Le manque de ce "chey-moi" se fait de plus en plus sentir. Deux chers amis du Québec sont présentement ici et ils me rappellent tout le bien que ma ville natale a fait pour moi. Je pense à mes amis, à la danse et même à l'université.

Malgré cela, la visite de l'Allemagne et de l'Europe que je prépare et que je vais faire lentement le temps des prochains mois me fait voir autre chose et me change les pensées.

Heureusement, des amis sont présentement avec moi et ils le sont encore pour quelques jours. Ils portent en eux une partie de ce que j'aime de chez moi et je vais en profiter au maximum. Je pars dès ce soir pour Berlin. Encore une fois tu vas dire et tu auras raison. Je repars là ou souvent je suis allé, mais avec des amis, ce sera different. Oh que j'aimerais que ca dure et qu'ils restent plus longtemps. Oh que j'aimerais voir ou revoir Prague avec Pierre, Londre avec Alexandre, le nord avec Simon, le sud avec Turpin, Magdebourg avec Étienne, Vérone avec Émilie et enfin Venise avec Christine. Tous des gens qui me manquent énormément et que je ne verrai que dans un temps qui semble encore lointain.

Cette vieille connaissance avec qui j'ai repris contact et qui sera en Europe jusqu'en mai aux dernières nouvelles me remplit d'un bel espoir. Je verrai une part de l'Europe avec une personne charmante et près de moi.

Cette sensation de blues peut se voir dans mes lectures et pensées plus intellectuelles. Je laisse lentement de côté mes lectures originales du voyage. Je m'éloigne de l'hédonisme prôner par celui-ci pour me questionner sur ce que je veux ne matière de relation amoureuse. Je me penche encore sur la rhétorique libertine et cherche a balancer ceux-ci par un autre argumentaire. Je ne sais pas vraiment pourquoi... l'effet du temps, je présume...

Nous en reparlerons... je te parlerai des livres que je vais lire dans les prochaines semaines...

Au plaisir

mercredi 2 janvier 2008

Retour des vacances

Ami,

Voilà que les vacances se terminent. C'est sur une bonne note que la dernière nuit sur le sol français va s'entamer. Je prends quelques minutes sur mon ordinateur avant d'aller dormir. Ensuite, au matin, je prendrai la route de Metz pour aller profiter d'une petite journée à Paris. Rapidement, je devrai prendre le chemin de l'aéroport pour rejoindre mon petit "chez moi" allemand. Je voulais te faire savoir que j'ai eu ici un temps magnifique. Malgré le brouillard constant de ce coin de pays, j'ai pu profiter de l'intelligence, de l'hospitalité et de la chaleur propre aux gens de Lorraine. La famille Mathieu comme tous les gens que j'ai rencontrés, y compris cette étrangère rencontrée dans une boîte du coin, ont été inoubliables. Je garderai un souvenir puissant de cet hiver 2007-2008.

J'ai hâte de te revoir

Gabriel

mardi 1 janvier 2008

Bonne année!

Ami,

Bonne année!




Gabriel