dimanche 20 avril 2008

"We have a deficit of wonder right now." - Tom Waits

Bonjour mon ami,

Je viens de lire cette citation d'un musicien que j'adore. "We have a deficit of wonder right now." (Source: "Tom Waits: Dancing In" The Dark Harp Magazine (USA), by Tom Moon. December, 2004) et je pense saisir ce qu'il veut dire. Dans son contexte, il parlait de l'internet.

L'internet a peut-être été un bien et un mal dans mon aventure européenne. J'ai été très près de mon pays et de toi avec lui. Je pouvais t'écrire facilement et avoir des informations sur mon monde sans difficulté. Le mal était, que je n'étais pas totalement ailleurs, pas totalement étranger. J'avais toujours à porter un peu de chez moi. Je n'en vois pas trop un mal personnellement... ou, plutôt, j'en vois plus de bien que de mal. Même sans cet outil j'aurais trouvé moyen d'être avec mes choses, mes affaires et mes pensées. Je me serais plongé dans d'autres parcelles de ce qui me fait, même si ça avait été un peu plus difficile.

Reste que je comprends que l'internet détruit les merveilles ou reprends leurs charmes. Je ne peux cesser d'imaginer la sorte de joie étrange que pouvaient ressentir les voyageurs européens partant pour les mondes inconnus. Ce sentiment c'est dissipé maintenant à cause des communications de masse et des transports. Je reste nostalgique de ce monde où l'ailleurs était lointain, différends, autre.

J'aurais pu tenter de me réapproprier ce sentiment, cet état de constante nouveauté, mais je pense que dans ma situation ce n'était pas ce qu'il fallait. Je devais rester 8 mois au même endroit. Les voyages n'étaient que passager. J'avais un camp de base fixé.

Il faut être dans un mouvement un peu moins organisé pour prendre avantage vraiment de ce dépaysement et de cet état antique d'exploration. Fixé à un point, sans trop grande ressource, dans un pays étranger, l'ennui peut facilement se prendre de toi. Je connais très bien Brême maintenant, je l'ai exploré sans arrêt. Je connais aussi Osterholz-Scharmbeck et maintenant que l'été approche je vais aller à l'exploration des régions autour. J'aurais fait le maximum de découverte de l'endroit. J'aurai bougé au maximum. Pour le dépaysement, je pense que l'Allemagne n'est pas assez étrangère comme pays pour vraiment subir un changement drastique.

Les merveilles d'ici sont celles que je connais chez moi. Ce sont celles de l'occident. Il y a des merveilles dans le monde, mais elles se sont regroupées... ou se sont déplacées. Voyager de Montréal à Paris n'est plus l'extrême dépaysement que c'était il y a de cela quelques décennies. Les grandes villes gardent un charme comme les régions les plus reculés, mais plus on peut les rejoindres facilement, plus elles perdent de leurs merveilles. Leurs magies prennent le chemin de transport le plus près et se fondent avec l'ensemble de sa région. Il se regroupe. Ce sera toujours quelque chose de merveilleux pour un habitant de plaine d'aller dans les Indes ou en Himalaya, mais un point ou l'autre de cet endroit se sera fondu aux autres. Cela est encore plus vrai pour les cités.

On pourrait accuser l'américanisation, mais ce ne serait pas le seul coupable. Ce sont les moyens de communications et de transport. Des pays aussi vastes que la Chine avait jadis de grandes différences et celles-ci s'atténuent aussi à cause des transports plus faciles. Moins rapidement qu'ailleurs dans le monde, car les transports sont moins développer, mais c'est là la source des changements.

Je n'écrirais pas plus. Ce ne sont que mes sentiments sur le transport et le voyage, sur les merveilles et les différences.

Tu peux toujours m'écrire ce que tu en penses. J'aime lire tes pensées et tes mots.

Gabriel

Une petite photo des trains italiens... pour illustrer mes propos.

Et de la petite gare où je vais chaque fois que je vais travailler.


1 commentaires:

Placa de Vídeo a dit…
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