ENCORE!!!!
Encore une fois, je t'envoie une lettre sous influence. Il faut que j'écrive quelque chose. Il faut que je me révolte.
J'ai quelque chose contre le romantisme! J'ai en ce moment une sorte de frustration qui vient d'exploser! J'ai beaucoup de difficulté à sourire ou à prendre sans sarcasme les affirmations qui sonnent comme "J'ai changé, les choses ne seront plus comme avant". Voilà! C'est dit! À chaque fois que j'entends ce genre de chose, je suis pris d'une sorte de démangeaison, de malaise! Pourquoi? Sans trop réfléchir, plus porté par mon mépris, je répondrais que c'est le fait qu'un individu porte un jugement sur lui aussi drastique et définitif. Je pense que nous sommes le pire juge de nous même sur bien des points, pas tous, mais beaucoup. Constater que l'on a changé est une chose qui est une chose que l'on ne peut faire seule. Si plusieurs constatent la même chose. Alors là on peut affirmer qu'il y a de grandes chances que l'on ait changé, mais j'ai de forts doutes sur la pertinence d'une affirmation comme "J'ai changé" quand la personne concernée est la seule à avoir ce sentiment et vient m'en informer.
Oui! C'est bien certain : tout le monde chance! Certains plus vite ou plus drastiquement que d'autre. Les choses changement, les événements aussi et on peut avoir un sentiment, un doute. C'est peut-être parce que j'ai un certain doute face à toute affirmation sans doute ni fondement. J'aime mieux entendre "Je pense que j'ai changé", "Je crois avoir changé " ou "Je suis justifié de croire que j'ai changé" que "J'ai changé! Voilà que je t'informe de cette Vérité avec un "V" majuscule!".
Nous sommes piètres juges de nous-mêmes! Là, je pourrais avouer la faiblesse de mon argumentaire si on attaquait de manière soutenue cette prémisse. Oui, on est le mieux placé pour dire que l'on a faim, soif ou que l'on aime la couleur bleue, mais en matière de constat de fait sur nous... surtout dans le domaine aussi subjectif que le changement de comportement. C'est une autre affaire. Une personne qui n'aurait qu'une facette dans sa personnalité. Une personne qui serait toujours la même aurait déjà beaucoup de difficulté à juger de sa transformation. Déjà que je doute de l'existence de gens aussi simple... mais j'ai encore plus de difficulté à coir qu'une personne qui a différentes manières de gérer différentes situations peut juger d'un changement global quand il est dans les événements. Encore là, je me base sur ma prémisse... mais c'est pour exposer ce que j'entends par là! Si l'ensemble des gens entourant cette personne affirmait que cette personne a changé, je serais porté à les croire. À ce titre, la personne concernée serait justifié d'affirmé qu'elle a changé, mais se montrerait, selon moi, plus convaincante s'il disait :"Mes amis proches disent que j'ai changé à cause que..." ou "j'entends de plus en plus dans mon entourage que j'ai changé depuis X. Ça me plaît parce que je crois aussi avoir changé...".
Je suis fâché! Frustré! Rageur et attristé! Je pense que ma lettre sur cette femme présentement en Australie t'a fait croire, malgré mes avertissements, que j'étais plein d'un romantisme profond et de sentiment intense! Faux! Il y a des choses plus fausses, mais ce n'est pas dans le domaine du Vrai. Je vais nuancer et diluer les sentiments que j'ai présentés dans cette lettre par un discours relativiste à la limite du stoïcisme et de l'épicurisme. Entre les deux? Oui, dans l'optique où ils sont tous deux des promoteurs de morale d'une certaine manière "ascétique".
Là, tu peux avoir raison. C'est un aveu de contrôle de moi qui laisse transparaître des sentiments. Je ne le nie pas, mais ici, tu lieras ma réflexion sur la distance. Je ne vais pas écrire longuement. J'ai déjà pris assez de papier pour écrire ma frustration que je ne vais pas en prendre plus pour évacuer les fausses idées que tu pourrais avoir. Tu me connais assez pour savoir ce que je pense quand je suis dans un état pareil, même si tu n'as devant toi que quelques lignes de textes écrits dans une encre noire pleine de rage.
Oui, j'ai eu et j'ai encore des traces de sentiment pour cette femme en Australie, mais il vient un temps où ce que l'on "réalité" commence à murmurer des choses. Ici, ce qu'elle dit c'est : "Distance". Ce n'est pas sorti. Je n'ai pas besoin d'avoir étudié les méthodes de la cabale ou l'art de lire dans les céréales baignant dans le lait pour comprendre ce que cela veut dire. Elle est en Australie et moi je retourne au Canada! Simple, direct! On pourrait dire que les sentiments peuvent durer. Oui, on "pourrait" le dire, mais ce serait présumer sur l'avenir. La réalité parle de maintenant et de l'éternel "tusuit" et ce présent dit que les choses ne changeront pas de si tôt. J'entends ta réponse :"Mais les choses PEUVENT changer." Oui, mais ton argument serait alors simplement rhétorique. Il y a des chances qu'un éclair me foudroie MAINTENANT... non. Enfin. Vois-tu mon point?
Enfin! Je me plie à la réalité comme le feraient épicurien et stoïcien. Oui, les hédonistes aussi. Non avec un peu de tristesse, de vague à l'âme, mais je le fais quand même. Je pourrais reprendre aussi la logique de ton argument et dire que je pourrais bien, dans peu de temps, rencontrer une femme qui occuperait mes pensées plus fortement et plus intensément que cette allemande exilée l'a fait.
Oui, il y a des femmes à Montréal qui avaient su me faire oublier ce sentiment pour l'Europe et l'européen et me faire rêver d'un présent. Tu les connais et je vais aller les rejoindrent dans peu de temps. Peut-être que je ne perdrai pas mon titre d'éternel célibataire de si tôt, mais au moins ce ne sera pas la distance qui causera le problème. Peu rassurant, mais changeant pour le moins...
jeudi 24 avril 2008
Rage, distance, femmes et plus si affinités
Publié par
Gabriel
à l'adresse
6:13 PM
Libellés : Europe, Montréal, Quotidien, Réflection
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