Salut mon vieil ami,
Je vais commencer directement. J'ai le mal du pays. Oui! Mon petit chez moi me manque. Ma langue me manque et tout ce qui fait un pays qui me ressemble me manque. Je sais que c'est étrange. Je ne suis ici que depuis quelques mois, mais j'ai envie de revenir. Ultimement, c'est bien quelque chose de naturel et de simple. Mon pays me manque, mais il y a quelque chose. Je t'écris une lettre à ce sujet parce que j'ai l'impression d'être le seul à vivre ce mal. Toutes les personnes que je croise en chemin, tous mes amis et ceux à qui je parle me disent qu'ils adorent leurs expériences, qu'ils veulent continuer.
Je pense ici particulièrement à cette femme qui tient encore une bonne partie de mes sentiments. Elle est en Australie en ce moment et déjà depuis plusieurs mois. Elle ma récemment écris en me disant qu'elle adorait son voyage et qu'il n'y avait aucune trace de mal du pays en elle. Je suis content pour elle, mais quand je pense à moi. Je ne trouve pas ce doux sentiment de paix. Oui, j'apprécie encore les moments que je passe ici, mais ce n'est pas ce puissant sentiment de nouveauté. Peut-être est-ce que j'ai vu tout ce que j'avais à voir en Allemagne. Non... il y a sûrement plus, mais maintenant je ne vois que de la répétition. J'ai découvert les différences entre mon chez-moi et ici. J'ai appris à aimer certaines choses et à en détester certaines autres... mais je ne veux pas de ce pays comme "chez moi ".
Peut-être est-ce la langue? C'est probable. Je me sentirais bien mieux dans un pays anglophone où je maîtrise le langage. Ici, malgré m'être fortement amélioré en allemand, je ne me sens pas maître de ce que je dis et peux dire. C'est peut-être l'une des raisons.
Peut-être aussi est-ce parce que certaines des choses qui vont de soi ici sont trop loin de mon mode de vie? Oui, si c'est le cas ce pourrait être à moi de changer mon opinion sur les choses, de changer mon mode de vie pour m'adapter. Je pense l'avoir fait et le faire toujours. Je mange leur étrange pain brun foncé et attends aux feux de signalisations. Je ne me sens pourtant pas d'ici et avoir le choix, je continuerais à vivre de la manière dont j'ai été habituer chez moi.
Peut-être que dans un autre contexte, dans un autre pays, je ne voudrais pas partir. Peut-être que l'Australie me charmerait à un point où j'en oublierais le Canada... peut-être aussi que je devrais finir mes études et enfin partir pour me sentir vraiment libre. Oui! C'est sûrement ça. Je sais que j'ai quelque chose d'inachevé à la maison. Je dois finir mon temps dans cette usine à culture pour avoir mon bout de papier. C'est sûrement ça qui m'empêche de vouloir continuer. Que je veuille ou pas, l'école me manque. Les études sont quelque chose que j'adore et j'attends déjà impatiemment de retourner écouter quelqu'un me parler d'un livre ou un temps...
Je me demande maintenant si c'est ça l'essence du mal du pays? Je me demande si les gens qui émigrent et immigrent ont ce sentiment. Je peux comprendre maintenant quel mal ont ceux qui quittent leurs pays natals sans le vouloir. Je pense aux exilés aux réfugiés. Quelle souffrance doivent-ils souffrir à être loin de ce qu'ils aiment et devoir s'adapter de force. Sur nos terres, bien des gens proposent des mesures de plus en plus sévères pour tenter d'assimiler les immigrants à nos moeurs. Je pense commencer à comprendre le sentiment qu'ils doivent ressentir. Pour eux qui sont dans un pays beaucoup plus différent que le Canada et l'Allemagne et qui ont quitté leurs maisons pas nécessairement parce qu'ils le voulaient... J'aurais du mal à changer mes habitudes aussi drastiquement. Même une génération après... je sens qu'il est vraiment difficile de s'éloigner de ce dans quoi on a baigné toute notre enfance.
Est-ce que le mal du pays se traite? Est-ce que c'est un mal ou un bien? Voilà d'autres questions que je me pose. Est-ce que c'est une bonne chose pour moi que d'avoir ce fort sentiment qui me pousse à revenir à la maison? Est-ce que c'est une sorte de force ou est-ce que je vais rater à cause de lui des choses ici ou ailleurs?
Je vais arrêter avec les questions. C'est trop pour une simple lettre et je vais me lancer dans des choses trop complexes pour un si bel après-midi. Mais toi, qu'en penses-tu? As-tu déjà eu le mal du pays? Pourquoi est-ce que tu l'avais? Qu'est-ce que tu as fait?
Je me sens un peu plus libre après avoir écrit cela. J'espère que tu en tireras quelque chose.
Ton ami
Gabriel
dimanche 20 avril 2008
Le mal du pays
Publié par
Gabriel
à l'adresse
6:37 PM
Libellés : Brême, Europe, Quotidien, Réflection
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1 commentaires:
Tu sais, je croyais aussi être le seul à avoir le mal du pays à un certain moment, et je vivais dans un pays ou je connaissais relativement bien la langue.
Ma conclusion du mal du pays : c’est la routine, c’est de se retrouver seul. J’avoue avoir pensé que tu y serais imperméable, à ce maux, croyant que tu n’avais pas de routine, ou sinon que tu étais suffisamment entouré pour ne pas avoir le pays. Est-ce depuis que tu as cessé de bougé que tu ressens ce malaise?
J’ai surtout ressenti ce mal lorsque j’étais a Edinburgh, complètement seul et sans occupation. Le mal a disparu à mon arrivée en Allemagne et n’a jamais eu le temps de revenir tant j’étais entouré lorsque je me suis installé à Inverness.
Un autre facteur est lorsqu’il y a des échéance, j’ai hâte de revenir car je sais que mon vol est bientôt.
Tien toi occupé, continue ta débauche!
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