Salut mon ami,
Revoilà une petite lettre de ma part. Je n'ai pas beaucoup à dire. Je crois que je t'ai écrit dans une précédente lettre que le mois de février serait pour moi un mois de repos et de relaxation. C'est le cas. Je me repose, je lis et je regarde quelques films. J'ai hier regardé une comédie romantique britannique : "Four Weddings and a Funeral". J'ai été vraiment heureux de mon visionnement. En même temps de confirmer mon intérêt pour le cinéma britannique, je me suis trouvé face à une oeuvre pleine de références. Je ne sais pas si elles étaient voulues où non, mais peu m'importe. J'ai beaucoup apprécié les personnages et particulièrement Fiona. Dès son arrivée dans le film j'ai senti en elle un lien très fort avec un lointain amour : Daria Morgendorffer de la série animée du même nom. Prends quelques citations :
Charles: Any idea who the girl in the black hat is?ou
Fiona: The name's Carrie.
Charles: Pretty.
Fiona: American.
Charles: Interesting.
Fiona: Slut.
Charles: Really?
Fiona: Used to work at Vogue. Lives in America now. Only gets out with very glamorous people. Quite out of your league.
Charles: Well, that's a relief. Thanks.
Fiona: How's Duckface?ou encore ma favorite
Charles: Good form actually, not too mad.
Fiona: Where's Gareth?J'ai aussi aimé les costumes et la beauté des femmes du film. Bon! Tu me diras qu'elles ne sont pas dans le même "genre" que les actrices américaines les plus courues, mais j'ai apprécié. Henrietta (celle que l'on surnomme "Duckface") me rappelait mon premier grand amour et Fiona le genre de femme contre qui je peux difficilement opposé de résistance.
Matthew: Torturing Americans.
Fiona: How thoughtful of him.
Enfin, je t'encourage à jeter un oeil à ce film. Ce n'est, je sais, ce que l'on nomme le "Grand Cinéma", mais je l'ai trouvé intéressant. J'ai à peu près le même sentiment pour ce film que pour Woody Allen. Au même titre que les actrices sont belles (ah! Scarlett Johansson), j'ai plongé dans de vieux questionnements après le visionnement. Rien de nouveau ou d'original comme réflexion, seulement quelque chose qui, à chaque fois, semble insoluble. Les deux traitant plus ou moins de la même chose : le mariage, ils abordent le sujet d'une manière différente et se terminent différemment. Autant j'aime la fin "cynique" de Allen. Autant j'apprécie les développements du film de Curtis.
Bon! Cette lettre n'est pas pour te faire une critique cinématographique, loin de là, mais pour te raconter un peu ce qui m'arrive ces jours-ci. Outre les films, j'ai lu. Prévisible, non? J'ai lu encore du Onfray et encore une fois j'ai été troublé et enthousiasmé par ma lecture. Encore, il développe une pensée puissante et originale. Un de ses textes sur l'Actionnisme Viennois et plus particulièrement d'Otto Muehl m'a déragé. Après avoir lu ses lignes sur ce mouvement et sur ce personnage qu'il compare même à Dionysos, je ne sais plus quoi penser de l'art contemporain. J'avais toujours eu un sentiment dédaigneux face à cette forme d'art. Je le repoussais d'une manière presque réactionnaire dans des délires étranges et incompréhensibles. À ce moment, j'avais une idée vague et imparfaite de l'Art. C'était bien déjà, mais maintenant je suis perdu. Je ne sais plus quoi penser et je n'ai plus aucune idée où tracé la ligne entre art et non-art si ligne il y a à tracé. Je ne peux pas vraiment décrire les réflexions que j'ai maintenant sur le sujet, car c'est encore quelque chose de nouveau et de trop présent. Je pourrais peut-être plus parler de mes lectures qui ont été aussi pertinentes et créatrices, mais un peu moins troublantes. De plus, je peux faire un rapprochement avec les films dont je t'ai parlé plus haut et fermer la boucle de cette lettre qui s'allonge un peu et qui semble maintenant n'être qu'un rapport de lecture. Enfin... encore un peu de Onfray. Les passages dont je vais te parlé maintenant sont encore et toujours dans ce fameux livre : Le désir d'être un volcan qui me semble pour le moment comme le Gai savoir de Nietzsche, c'est-à-dire le livre central qui résume et synthétise toute la pensée de l'auteur. Autant étaient présentées dans le Gai savoir toutes les idées qui allaient à l'avenir être développées dans les autres livres de son oeuvre. Autant ce livre de Onfray présente les idées qui sont ailleurs détaillées et plus profondément expliquées et méditées. On peut prendre ici l'exemple de Jouir et faire Jouir, le titre d'un des essais du livre et à son tour le titre d'un livre complet qu'il a écrit. Je ne vais pas ici te faire la défense de ses idées, mais plutôt te présenter quelques passages qui me touchent particulièrement et qui sont venus alimenter les réflexions que j'ai ces jours-ci. Il commence par cité Chamfort :
Jouir et faire jouir, sans faire de mal, ni à toi, ni à personne, voilà, je crois, le fondement de toute morale.Après quelques pages de clarifications de ce passage à la fois clair et dense, il continu de sa propre plume :
Il s'agit de vouloir ce qui donne le maximum de satisfaction, à soi et à autrui, [...]Déjà, je trouve cette pensée fantastique. N'est-ce pas d'une simplicité assaillante et éclairante. J'aurais tellement de citations à te montrer pour tenter de te faire apprécier à sa juste valeur les textes de Onfray et sa pensée. Seulement dans ce petit texte, introductif je dirais, sur l'Art de Jouir (son livre complet sur le sujet), j'ai tellement de mots et de phrases soulignées qui donne de la force à cette pensée originale. Enfin... je pourrais commencer à me demander si je ne devrais pas lire autre chose pour me défaire un peu de ce trop grand intérêt pour Onfray, mais je ne peux pas encore. Il y a encore tellement à lire. Je prépare une petite escapade à Paris cette semaine et je pense que je vais encore acheter quelques livres de lui. Un, surtout, qui me semble toucher directement mon expérience ici, en voyage qui s'intitule : Théorie du Voyage. Déjà, dans Le désir d'être un volcan il traite un peu de ses expériences et j'aimerais voir comment il traite l'ensemble du thème. Peu, à ma connaissance, d'auteurs on travailler sur le sujet. Il y a nombre de livres qui sont des supports au voyage comme des guides, etc..., mais peu sont en fait des théories médité sur le mouvement humain. Enfin... Nous verrons bien!
Je continue encore un peu sur lui et je te laisse. Je dois vraiment te parler des quelques essais sur les femmes qu'il a écrit. Aucun en particulier, mais seulement l'idée qui se dégage. Onfray, dans des textes comme "Odor di Femmina", "Don Juan, Carmen et moi-même" ou "Pénélope et les autres" présente en quelques pages sa pensée sur des sujets qui sont, tu me connais, depuis longtemps dans ma pensée : la séduction, l'amour, la sexualité, l'égalité, etc... Toutes les questions qui assaillent à un moment ou à un autre un homme face à cet "autre" insaisissable. Ah... Je me relis et je commence à utiliser le vocabulaire qui me dérange et que je n'aime pas particulièrement, mais je dois le faire. Je n'aime pas parler de l'autre ou de choses comme ça, mais il me semble que dans ce contexte c'est tellement le bon mot. L'autre insaisissable, cette personne vers qui ont est pour nombre de raisons attiré. Les textes dont je te parle et même "Jouir et faire jouir" posent et tente une réponse à ses questions. Il parle de Carmen, femme libre, Don Juan version féminine qui représente selon Nietzsche "l'amour cynique, innocent, cruel" et cela me touche. Je me remets à méditer à l'amour monogame et à tout ce monde idéal qui s'oppose à cette force de la nature représentée ici par Carmen. Je ne sais pas quoi penser. Je ne sais plus comment imaginer mon agir dans les relations, surtout après avoir entendu Carmen dire : "si je t'aime, prends garde à toi!".
Au plaisir
Gabriel
1 commentaires:
Trop long? Trop répétitif? J'attends vos commentaires...
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